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Discours du Cap le 28 fevrier 2008

Extraits du discours du Président de la République française au Parlement d'Afrique du Sud le 28 février 2008

l'ancien modèle de relations entre la France et l'Afrique n'est plus compris par les nouvelles générations d'Africains, comme d'ailleurs par l'opinion publique française, il faut changer le modèle des relations entre la France et l’Afrique si l’on veut regarder l’avenir ensemble. .../... Savez-vous mes chers amis que 10% de la population française aujourd’hui peut revendiquer son origine africaine ? Elle s’inscrit aussi dans l’identité africaine à travers la langue française. Mais en dépit de la profondeur et de l’ancienneté de ces liens, la relation de la France avec l’Afrique, particulièrement avec l’Afrique sub-saharienne, se distend. Le nombre de Français vivant en Afrique, les exportations et les investissements français vers l’Afrique ont baissé. Actuellement, plus de 100.000 Africains font des études supérieures en France. Contrairement aux idées reçues, il n’y a jamais eu autant d’étudiants africains dans les universités françaises. .../... En matière de développement, je souhaite que la France contribue plus activement à la lutte que vous avez engagée contre la pauvreté. La France maintiendra son engagement financier pour la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire. Le Président MBEKI m’a interrogé, ma réponse est claire. Mais j’ai souhaité que la France intervienne de manière plus ciblée pour favoriser l’accélération de la croissance économique. Et que nous contribuions directement à la création d’entreprises africaines génératrices d’emplois. C’est pourquoi j’ai décidé aujourd’hui de lancer une initiative de soutien à la croissance économique. Cette initiative sera mise en oeuvre par l’Agence Française de Développement. Elle comportera trois composantes : Nous allons créer un fonds d’investissement de 250 millions d’euros pour prendre des participations dans d’autres fonds mixtes ou thématiques, de façon à développer les entreprises africaines. La deuxième composante, c’est la création d’un fonds de garantie doté aussi de 250 millions d’euros, pour permettre de faciliter l’accès des PME africaines au crédit bancaire et au capital. La troisième composante sera le doublement de l’activité de l’Agence Française de Développement en faveur du secteur privé, soit un engagement de 2 milliards d’euros, que je vous annonce, en 5 ans. Au total, l’initiative de la France mobilisera donc deux milliards et demi d’euros en 5 ans qui financeront directement ou indirectement 2000 entreprises africaines, pour la création de 300 000 emplois. En intégrant cette initiative, le total des engagements financiers français bilatéraux pour l’Afrique subsaharienne s’élèvera donc à 10 milliards d’euros sur les 5 prochaines années. Qui osera après parler de désengagement de la France ? .../... La France souhaite la renaissance de l’Afrique de toute son âme, elle la souhaite de tout son coeur, elle la souhaite au nom de tout ce qui l’unit à l’Afrique.